Comment intégrer des éléments fictifs dans un monde sans perdre son lecteur :

Si tout le monde aime inventer des noms mystérieux et venant d’une autre langue, jouer avec les sonorités et créer un monde entièrement nouveau, il est pourtant moins évident d’intégrer des éléments fictifs dans un livre sans perdre ses lecteurs.

Comment savoir si la façon dont vous avez introduit un élément fictif n’est pas dérangeante pour le lecteur et qu’elle ne risque pas de le faire décrocher de votre monde ?

Telle est la question et je vais tenter d’y répondre en donnant quelques pistes d’intégrations subtiles, mais efficaces.

Je tiens à préciser que je ne suis pas une experte dans le domaine de l’écriture ni même de la lecture, je tiens simplement à partager mon point de vue et mes impressions à ce sujet et voir aussi ce que VOUS en pensez et quelles sont vos techniques et vos astuces concernant le sujet. N’hésitez donc pas à venir en parler en commentaires ou sur Twitter.

Ce que je vais appeler élément fictif sera tout élément n’existant pas dans notre monde ou pas sous la même forme. Je partirais donc sur leur intégration dans un monde par leur nom (et donc le vocabulaire).

Cet article fait donc suite à celui sur les noms que vous pouvez retrouver ici.

 

 

Intégrer des éléments fictifs dans un monde fantasy :

Lors de la création d’un monde fantasy, il est très facile de tomber dans le piège de : c’est un monde fantasy donc tout ce que nous connaissons sera forcément différent. Après tout pourquoi le pain s’appellerait pareil dans un autre univers.

C’est tout à fait logique. Mais si vous choisissez d’appeler le pain : Kraj (ou n’importe quel autre nom), lorsque vous allez parler du pain dans votre livre (ou tout autre support) et le présenter sous le nom « Kraj », et bien vos lecteurs ne sauront absolument pas de quoi vous parlez, à moins de préciser que le Kraj est en fait du pain… Pour le coup autant appeler du pain, du pain.

Alors avoir quelques mots comme Kraj dans votre univers ne sera pas forcément dérangeant. Mais si tous les mots et objets du quotidien sont dans une autre langue et que vous devez tous les expliquer cela deviendra lourd et risquera fortement de faire décrocher votre lecteur. Surtout si cela désigne des objets ou êtres vivants qui existent déjà dans notre monde.

Faites des tests en faisant lire des passages de votre roman à votre entourage. S’ils se perdent dans tous les éléments que vous inventez et introduisez c’est qu’il faut réduire votre vocabulaire inventé et votre panoplie d’éléments fictifs.

Voici également un article sur les 4 erreurs à éviter en créant un monde fantasy qui pourra vous en apprendre plus.

 

Le Vocabulaire :

En ce qui concerne le vocabulaire, pour intégrer des éléments fictifs, idéalement la bonne technique sera de vous concentrer sur quelques mots qui seront vraiment inventés, mais qui seront aussi atypiques.

Je vous redirige vers ce précédent article pour plus de précisions.

Au lieu de simplement traduire les mots de notre vocabulaire, donnez des noms à des choses qui n’existent pas encore ou qui sont des versions réellement différentes de l’objet source.

Admettons que votre monde utilise un moyen de transport très particulier, mais qui n’existe pas dans notre monde (ou sous une forme différente), il sera logique d’utiliser un mot inventé pour en parler, tout en le présentant aussi.

Pour intégrer des éléments fictifs, il faut être visuel, en utilisant des formules visuelles votre lecteur pourra très facilement voir de quoi vous parlez. N’ayez donc pas peur de comparer certains de vos éléments (si possible) à des objets que nous connaissons déjà. À moins qu’absolument RIEN de votre monde ne ressemble au nôtre, il est tout à fait cohérent que votre monde connaisse certaines choses propres au nôtre (comme le pain).

 

 

Un Mauvais Exemple :

La brise soufflait fort en cette matinée de Truy, c’était Vanges et comme chaque année à cette période le vent soufflait sans arrêt.

Alors, ne jugez pas la qualité de cette phrase, elle sert juste d’exemple. J’ai introduit ici deux noms, qui ne sont même pas de vrais éléments fictifs.

En écrivant cette phrase sur le moment, j’ai quand même eu en tête un mois précis ainsi qu’une saison en particulier.

Mais un lecteur qui ne connait pas le monde aura bien plus de mal à se repérer chronologiquement. Même pour un lecteur qui le connaît d’ailleurs.

À la lecture des cette phrase, tout de suite on se dit, mais qu’est-ce que c’est que Truy (un jour, un mois, autre chose ?) et à quelle période de l’année correspond Vanges ? D’autant que je n’ai pas donné beaucoup d’informations sur les conditions climatiques propres à cette saison.

Mais admettons que dans votre monde Vanges est une saison incroyablement venteuse qui n’a rien de comparable avec aucune de nos saisons. Que truy est un mois, mais que votre système calendaire n’indique pas avec précision quel mois cela pourrait être en comparaison avec le nôtre.

Votre lecteur sera très vite perdu, car vous le privez de ses repères temporels.

Il serait possible de rendre la phrase plus accessible en rajoutant des repères. Comparez vos mois au nombre de lunes par exemple, placer une saison à un endroit de l’année (début, fin…), donner des détails spécifiques.

Je vous redirige sur cet article sur les saisons si vous souhaitez en savoir plus à ce sujet.

 

Un autre exemple :

Taos sentait ses implants Omega le chatouiller, il comprit instantanément que quelque chose n’allait pas et sortit son Orbitex pour en savoir plus.

Alors cet exemple est loin d’être bon, mais est là pour l’exemple. Ici, on note deux éléments inconnus qui sont les implants Omega et l’Orbitex. Mais dans ce cas précis on peut bien plus facilement deviner ou déduire ce qui ce cache derrière.

On peut se dire que les implants Omega sont des sortes de capteurs qui permettent de détecter des informations que Taos ne peut pas voir. A la manière d’un biper, les implants lui signalent quelque chose sûrement par vibration. L’Orbitex qu’il sort serait un appareil plus poussé lui permettant de voir certaines choses.

Même si cela reste flou, on peut plus facilement comprendre ce qu’il se passe même sans connaître les deux éléments. Un contexte aiderait bien plus mais, même sans, cela n’empêche pas la compréhension du passage.

Un contexte permettrait de rajouter une histoire derrière les implants et de comprendre et visualiser l’Orbitex.

 

Comment intégrer des éléments fictifs dans un monde fantasy – Les noms :

Quelles techniques utiliser pour intégrer des éléments fictifs dans un monde fantasy de manière subtile, mais efficace ?

 

Concernant les noms :

Concernant les noms je vous renvoie au même article qui traite en détail les noms dans un monde fantasy.

Mais pour faire court, vous avez plusieurs options, dont deux qui sont souvent utilisées :

 

Les mots mélangés :

Tout d’abord, pour intégrer des éléments fictifs, vous pouvez mélanger des noms.

Dans ce domaine, J.K. Rowling fait loi. Un exemple sera : le Portoloin. Avant même de connaître en détail ce qu’est un portoloin, on peut facilement découper le mot et deviner sa signification.

L’avantage de ce type de mots mélangés c’est qu’ils contiennent des mots que l’on connait et qui, une fois assemblés, forment un nouveau mot dont il sera plus facile de deviner le sens.

De plus, ils sont parfois plus simples à retenir. 

 

Les mots inventés :

Pour rester dans Harry Potter, vous remarquerez qu’il n’y a pas forcément un très grand nombre de mots inventés. La plupart sont des mots mélangés ou empruntés au latin pour beaucoup de sorts.

Pour les mots inventés, elle les utilise pour des choses très précises et qui n’existent pas dans notre monde : Comme le Quidditch (et encore il est possible que ce soit un jeu de mot en anglais qui n’ait simplement pas été traduit).

C’est ce qui fait que son monde semble à la fois si différent et incroyable et pourtant si proche et si crédible. Car on reste en terrain connu et avec un lexique accessible.

Les mots que vous utilisez pour décrire certains objets ou créatures différents de notre monde, seront importants. Gardez en tête que le lexique reste la première porte d’entrée dans votre monde.

S’il est accessible et compréhensible alors il sera plus simple pour un lecteur d’entrer dans votre monde. Alors que si dès le début de votre livre vous employez des mots inventés sans trop les expliquer ou avec trop d’explications, vous risquez de perdre votre lecteur qui ne sera pas encore familier avec votre monde ou son lexique.

 

 

Introduire votre monde :

Introduire votre monde sera souvent plus facile, tout en étant compliqué. Je m’explique. Introduire un monde nouveau à votre lecteur représentera un certain défi, car il ne faudra pas l’introduire en lançant des pavés de descriptions et d’histoire à votre lecteur, mais plutôt y aller de manière subtile et légère au travers de l’histoire.

Mais cela reste compliqué, car comme vous le devinez il s’agit de trouver le bon équilibre entre trop d’informations et pas assez.

 

 

Il existe un grand nombre de méthodes pour ce faire :

La façon que vous aurez de raconter votre histoire, et celle de vos personnage permettra en elle-même de découvrir le monde. En décrivant ce qu’un personnage voit et ce qu’il se passe autour de lui, vous pourrez commencer à faire transparaître la personnalité de votre monde, ses caractéristiques…

Gardez en tête que votre monde ne sera jamais dévoilé entièrement à votre lecteur. Tout d’abord car cela permet d’entretenir une part de mystère sur ce dernier et d’autre part, car certains éléments ne seront pas forcément utiles à l’histoire ou l’intrigue de votre livre.

Faire un pavé sur comment vos peuples construisent leurs habitations n’intéressera pas forcément votre lectorat, à moins que la technique soit vraiment intéressante et inattendue, et que vous en parliez de manière assez brève. Mais de manière générale, ce qui transparaîtra sera l’émerveillement ou l’étonnement de votre personnage, une description de ce qu’il voit, peut être une supposition de comment cela a été construit, mais rarement plus. Cela laissera de la place à l’imagination de votre lecteur.

 

L’équilibre est important :

Pour intégrer des éléments fictifs, les descriptions et explications sont affaire d’équilibre : s’il n’y en a pas assez on se perd, s’il y en a trop on décroche.

Robin Hobb, dans sa saga de l’Assassin Royal, opte pour présenter une partie de l’histoire de son monde en début de chapitre, en faisant quelques courts paragraphes racontant d’une certaine manière la création du monde jusqu’a à aujourd’hui. Ces petits récits servent aussi le chapitre qui suit et permettent d’en apprendre plus sur le background du monde, dont elle parle moins dans l’histoire qui se concentre surtout sur le personnage de Fitz. C’est une aussi une excellente manière d’introduire votre monde.

Si votre personnage principal ne découvre pas le monde dans lequel il est (comme c’est le cas pour Fitz, a contrario de Harry Potter pour qui cela facilite grandement la narration de ce côté),  il faut trouver des astuces pour introduire le lecteur au monde.

Car, vous vous doutez que, si votre héros connait parfaitement le monde, mais s’émerveille quand même devant la moindre chose cela posera problème.

 

 

Comment présenter un monde fantasy à votre audience :

 

Le personnage principal découvre entièrement le monde :

C’est une méthode qui facilite grandement les choses, SI vous pouvez expliquer pourquoi votre héros découvre le monde dans son intégralité.

Harry Potter, Narnia.. Ce sont des exemples où les héros découvrent totalement le monde. Dans les deux cas, le héros vit aussi dans notre monde, et se retrouve propulsé dans un autre.

 

 

Le héros a toujours vécu dans sa campagne et sort découvrir le monde :

C’est le schéma assez classique du fermier qui part à l’aventure et va découvrir un monde qu’il ne connaissait pas…

Bien sûr, rien n’oblige que ce soit un fermier qui sort de sa campagne pour découvrir qu’il est l’élu qui sauvera le monde.

Cela peut être un grand sorcier qui n’est jamais sorti de son château et qui part à l’aventure et donc découvre le monde.

Bien que de mon avis, un schéma du type fermier qui sort de sa campagne peut garder une part d’originalité selon l’intrigue et le monde de l’histoire, c’est un schéma relativement très utilisé et qui peut rapidement faire décroché sans étincelle d’originalité.

L’exemple du sorcier est en revanche plus intéressant, car un peut se douter qu’en ayant passé sa vie à étudier la magie il doit être assez puissant, ou au contraire il connaît la théorie mais pas la pratique. Il sera facile de le mettre dans des situations intéressantes. C’est l’intrigue qu’il faut mettre en avant et proposer des péripéties qui servent l’histoire et propose des choses originales.

 

 

Il y a des pauses pour expliquer certains aspects du monde :

Ce type de narration peut être retrouvée dans Les Annales du Disque Monde, où Terry Pratchett glisse quelques paragraphes expliquant certains aspects loufoques de son monde afin que le lecteur puisse en comprendre le fonctionnement. À noter qu’il utilise aussi le touriste aussi afin d’expliquer ce qu’il découvre.

Il faut quand même faire attention à ne pas glisser trop de paragraphes explicatifs et bien intégré ce type de pauses.

 

 

 

Il y a un paragraphe explicatif au début des chapitres pour relater un pan de l’histoire du monde :

L’exemple de Robin Hobb s’applique ici. Cela permet aussi de glisser des informations qui sont moins évidentes à faire passer dans une discussion, par exemple.

Évitez tout de même de transformer le paragraphe en chapitre. L’idée est d’introduire un point qui sera utile à la compréhension du chapitre. Ce type de narration marchera surtout si votre monde reste assez proche du nôtre.

 

 

Il y a différents points de vue :

Différents personnages sont utilisés pour présenter le monde et ses mystères (à la Game of Thrones).

Certains personnages seront vus que par le point de vue d’un autre et vice versa, de même pour le monde. Cela peut laisser moins de liberté quant à l’explication de certains éléments, mais permet aussi de les présenter sous différents angles. Ce qui est évident pour l’un sera totalement nouveau pour l’autre.

 

 

 

Quelques outils pour trouver des noms fantasy facilement :

Si vous êtes en panne d’inspiration voici quelques sites qui peuvent vous aider à trouver des noms fantasy simplement.

Les générateurs de noms fantasy :

Rien de plus pratique qu’un générateur de noms fantasy pour vous aider. Vous pourrez avoir de nombreuses idées de noms fantasy mais aussi de sonorités pour vos différents peuples. En voici deux que j’utilise très souvent :

Les dictionnaires et traducteurs :

Les dictionnaires et traducteurs vous permettront de traduire certains mots dans une autre langue et vous en inspirer pour en faire des prénoms. Cela se fait beaucoup et permet d’ajouter une touche de signification derrière vos noms fantasy. Les dictionnaires de prénoms selon les langues et pays sont très pratiques de ce côté-là.

Voici quelques sites qui vous aideront :

Ressources :

Voici quelques livres qui pourraient vous inspirer et vous aider dans la création de votre univers. Je vous met tous ceux que j’ai eu l’occasion de lire et qui sont intéressants et utiles. Si vous en connaissez d’autres n’hésitez pas à les proposer en commentaires. Les liens sont des liens affiliés Amazon, si vous ne voulez pas les utiliser vous avez juste à copier le nom du livre sur Amazon pour le trouver.

Voici les livres (ce sont des liens affiliés Amazon) :
Voici quelques blogs et sites qui traitent des mondes fictifs et fantasy ainsi que de l’écriture en général :

 

Conclusion :

Ce ne sont ici que des exemples, mais l’idée est de trouver un type de narration qui servira votre monde et votre histoire. Ce n’est jamais évident de trouver le bon équilibre donc n’hésitez pas à utiliser des bêta lecteurs afin d’avoir des retours à ce niveau-là. Un monde bien présenté fera toujours la différence.

Et vous : Quelles techniques utilisez-vous pour présenter des éléments fictifs à vos lecteurs ? Quelles techniques appréciez-vous en tant que lecteurs ?

Bonne aventure à tous !


Yaaza

Faites aujourd'hui ce que vous voulez être demain.

error: Content is protected !!
%d blogueurs aiment cette page :